Une jupe, du soleil, des oranges pressées, sur les terrasses parisiennes, des câlins, du farniente au bord de la piscine des parents de Quasi Parf, de la musique, des paupiettes de veau à la moutarde, un restau avec ses potes merveilleusement agréables quand ils sont à jeun, du soleil, une bonne mine, de la bonne humeur et des crêpes.

Samedi soir j'ai expérimenté une première fois.
La première fois où quelqu'un me plait depuis que je suis avec Quasi Parf'.
Ah, sujet délicat.
Je m'étonnais de mon intransigeance. Aucun mâle ne m’attirait depuis belle lurette. Il faut dire que je suis de celles qui trouvent que tout ce qui n'est pas beau, est laid.
Je suis de celles qui exigent un maximum (et non un minimum) de finesse intellectuelle chez un mâle.
A cela s'ajoute un enclin très prononcé à la franchise en général et aux fortes personnalités en particulier.
J'aime qu'on s'assume, qu'on ai des avis tranchés, pas forcément politiquement correct d’ailleurs, mais assumés.
J'aime les gens décalés, passionnés, passionnant et positifs.

Autant vous dire qu'en matière d'hommes, je suis donc infiniment difficile, d'autant plus qu'avec le temps, il faut l’avouer j'ai une piètre opinion de la gent masculine.

Tant et si bien qu'aucun mâle n’a détourné mon regard depuis un bon moment. Personne. Absolument personne.

Et bien samedi soir c'est arrivé.
J'arrive dans une soirée fraîchement vêtue d'une jupe longue et d'un débardeur décolleté.
Ce détail a son importance car je sais que si j'avais porté un jean et un pull, la donne aurait été différente.

Je ne sais pas vous, mais moi quand j'arrive quelque part je repère dans la demie seconde qui va être susceptible de me plaire ou non (en filles comme en garçons). C'est comme lorsqu'on visite un appart: inutile d'aller compter le nombre de prises électriques, on sait en une demie seconde si l'appart nous séduit ou pas. C’est une question de feeling, c’est instinctif.
Et là, dans cette soirée d'une quarantaine de personnes, je repère immédiatement un jeune homme blond.
Et immédiatement ce jeune homme me repère.
Enfin, une fois mon gilet ôté.

C'est comme ça, ça ne s'explique pas. Je ne le regarde pas mais je sais qu'il me regarde, je sais qu'il essaie tant bien que mal de se rapprocher géographiquement de moi et réussit d’ailleurs rapidement à s'intégrer dans la conversation qu'un autre jeune homme essaie d'installer avec moi.
Rapidement je me retrouve en duo avec le jeune homme blond.
Délicatement galant. Quelqu'un de franc qui me fait rapidement sentir que je lui plais.
Et à qui je fais rapidement sentir que je ne suis pas célibataire.
Néanmoins on s'avoue mutuellement s'être remarqué dès notre arrivée.

Et puis il se prénomme comme mon ex avec qui je suis restée cinq ans.
Et puis il habite au même endroit que mon ex qui m'a traumatisé.
Et puis...

Et puis l'être humain est con, on a besoin de se trouver une ribambelle de signes tous plus tirés par les cheveux les uns des autres pour en conclure que tout ça ne relève pas du hasard.
Tu parles. Le seul hasard qu'il y ai c'est d'avoir retiré mon gilet au moment opportun. Que son regard se soit porté sur moi. Et que le mien se soit porté sur sa grande taille, son beau visage, ses yeux bleus, son sourire craquant.
Evidemment il est beau. Il a 30 ans et il est excitant.

Pas de hasard, pas de signe, juste de la testostérone.
Il me parlait de sa passion, de son métier, de sa musique en me buvant des yeux et je ne pensais qu'à rentrer physiquement dans son espace vital.

Arrivée à 22 heures, je suis vite partie à minuit. Parce que ça ne sert à rien de flirter avec le diable.
Parce ce que cet homme aussi excitant soit-il ne valait pas un Quasi Parf' mal réveillé, le teint brouillé et l'oeil rieur, avec qui je veux faire des bébés.

Il n'empêche que c'était ma première expérience de tentation. Et que tout le trajet du retour j'y ai pensé. Comme me dit ma mère, dans la vie on n'est jamais à l'abri de rencontrer quelqu'un qui nous plait. A soi-même de faire des choix, d'évaluer ses priorités.
Pour quelles raisons on franchit le pas? Par égoïsme? Par manque d'amour vis à vis de son conjoint?
Par faiblesse? Par conviction qu'il faut profiter de la vie?

Moi je n'ai eu aucun regret.